lundi 6 mars 2017

Vol-au-Vent

En regardant les actualités, notamment la météorologie et la grève des aiguilleurs du ciel, je me suis demandé s'il était bien raisonnable de me rendre à l'aéroport de Roissy ce matin pour descendre sur Toulouse, puis Albi. 1er signe inquiétant, aucune voiture rencontrée entre la sortie de la nationale 2 et le parking PX, itinéraire qui vous fait pourtant passer devant le terminal 2. Ah, des humains dans le Roissyval, je ne suis pas le seul sur Terre. En arrivant au terminal, 2ème signe, sur l'énorme panneau des départs, un seul est annoncé avec un retard...  heureusement j'ai un bon bouquin, "Mille regrets" de Vincent Borel, une fresque historique au temps de Charles Quint, François I, Barberousse, Clement VII, Henri WIII et Soleman le magnifique, une aventure passionnante, drôle, ambitieuse, intelligente, bref, j'ai tout mon temps... Prêt à embarquer, le 3ème et dernier signe arrive, je suis le seul passager muni d'une carte d'embarquement dont le code barre n'est pas reconnu, faut-il vraiment que je monte à bord! Le commandant se veut rassurant: "Température prévue à Toulouse, 12°, averses et vent!" et je suis assis à côté d'une fille avec un joli tatouage.

St Martin et son drôle d'aéroport

J'avais déjà connu quelques vols "perturbants" comme l’atterrissage sur une roue à Los Angeles, La remise des gaz en essayant d'atterrir à Saint-Martin après avoir survolé la plage sur laquelle on aurait pu faire la bise aux baigneuses, la traversée de l'île de Baffin où durant quelques éclaircies on avait l'impression qu'on pouvait toucher de la main le sommet des montagnes, puis l'atterrissage sur la neige, les sauts en parachute où l'instructeur n'avait pas le temps de me dire "Quand tu veux!", le virage au-dessus de la mer pour atterrir à Montpellier où un trou d'air a fait sortir une Ola retenue de tous les passagers, ainsi que la fois où les pilotes ont sauté de l'avion après avoir ouvert les trappes à carburant... ah non, ça c'est dans Indiana Jones! Pour autant je me sentais aguerri! Aguerri certes, mais pas rassuré car en descendant sur Toulouse, l'avion n'allait pas bien droit, il ne gardait pas non plus sa ligne de flottaison et on avait le sentiment qu'à tout instant il pouvait faire un tour complet autour de son axe. Ma voisine au joli tatouage n'a déjà plus d'ongles quand Le sol se rapproche, on tangue dans tous les sens. le train commence à sortir et d'un seul coup l'avion se cabre, le pilote remet les gaz et on remonte dans les cieux, ma voisine prend un cachet, un tranquillisant sans doute! 

Surement pas très loin de la réalité du jour

Le commandant déclare: "Des rafales de vent nous empêchent d'atterrir, nous allons attendre une fenêtre météorologique plus clémente! Tout va bien, rassurez-vous". Celle-ci arrive lorsque ma voisine attaque son deuxième cachet, la tension était palpable et aucune mouche n'aurait osé voler à ce moment-là! Comment décrire le moment où la roue a touché le sol, on était pas droit, on était pas horizontal, on était pas en train de respirer, le pilote réussissant un dérapage contrôlé qui a arrêté l'avion 10 secondes après. Il y a eu des rires nerveux et une salve d'applaudissements que je n'avais plus entendu depuis bien longtemps! Dans le train qui me mène à Albi, le conducteur annonce "Suite aux perturbations sur la ligne, nous aurons 10 minutes de retard! Veuillez nous en excuser". Franchement je m'en fous, j'ai tout mon temps! 


A la façon d'Eco

dimanche 26 février 2017

L'Eau Vive

Enfants, nos parents nous ont fait goûter, très jeunes, aux joies du ski. Adeptes de la caravane, nous avons passé quelques hivers à « l’Eau Vive », caravaneige de Xonrupt-Longemer, près de Gerardmer. Les joies de dévaler les pentes de La Bresse et de la Schlucht entre autres, les pleurs, chaque soir, en déchaussant les pieds glacés hors des chaussures de ski en cuir, bref que de bons souvenirs ! Aussi lorsque s’est présentée l’occasion de louer un chalet avec cinq chambres pour offrir aux enfants leurs premières vacances de ski, c’est toute la famille qui a été invitée à venir faire le lien entre le passé et l’avenir.
Personne ne manque à la pelle?
Lorsque les enfants pleurent le dernier jour, avec la supplique entendue après chaque vacance : « Papa, on pourra revenir là, dans cette maison, aux prochaines vacances ? » c’est que les vacances se sont bien passées : luge, ski alpin, ski de fond, une télé en panne et une table de ping-pong  dans leur chambre, presque le bonheur parfait.
Loup où es-tu? Loup y es_tu?

Mais voilà, toute médaille a son revers, Papé n’a pas trop apprécié sa première descente en alpin, puisque à mi pente, une chute se soldera par une fracture du bassin. Si j’avais pu gérer tout seul les deux premières sorties en ski de fond, je ne pouvais pas emmener les quatre enfants sur les pistes alpines et l’idée de confier Nine à son grand-père n’a pas été ma meilleure intuition.

Devant Cénima le bonhomme de neige!
Voir son père emmené en civière puis en ambulance n’est pas un bon souvenir, le voir revenir le lendemain à la maison en est un bien meilleur et si je ne lui ai pas forcément dit, ma sœur a été incroyable dans la gestion de ces événements et je peux bien lui révéler ce que mon père m’a confié un soir que j’arrivais encore trop tard pour l’aider : « je dois avouer que j’ai une fille extraordinaire ! »

L'Eau Vive

dimanche 5 février 2017

Schtroumpf vert et vert schtroumpf

Troisième et avant dernier cadeau de noël d'un petit tour du monde littéraire, après "Congo INC, le testament de Bismark" d'In Koli Jean Bofane et "L'Anthropologie n'est pas un sport dangereux" de Nigel Barley sur l'Indonésie, voici "Nostalgie de la Rizière" d'Anna Moï sur le Viet Nam. L'auteure a fui le pays en guerre pour se réfugier en France (il fut un temps où l'on savait accueillir), pour retourner 20 ans plus tard vivre dans son pays d'origine pour lequel elle offre une vision attendrie. Recueil de nouvelles comme je les aime, courtes, un style simple avec l'art de faire passer les choses graves derrière le rire des enfants. La construction est tout aussi remarquable, des anecdotes dissertées sur quelques pages qui servent une ou deux phrases de conclusion qui sonnent comme des aphorismes, des morales, des épilogues ou des évidences.


Je ne résiste pas au plaisir de partager la fin de la nouvelle "Alias" dans laquelle Anna Moï explique que la très grande majorité des vietnamiens exercent au moins deux métiers, le plus souvent par nécessité, étant elle-même styliste et écrivain, on y trouve donc des imprimeur/sculpteurs, des informaticien/violoncellistes, des réparateurs de photocopieuse/horticulteurs, des professeurs d'université/chef d'entreprise de broderie ou des boulangers/fabricant de kart. La nouvelle se concluant ainsi:

Il y a quelques années, mon mari fit une tentative pour trouver un professeur de saxophone auprès du conservatoire de musique. Grâce aux lettre de recommandation
dont il était muni, la direction de l'école finit par lui envoyer à domicile un jeune professeur, Tuan.
- Vous souhaitez faire de la clarinette? demande Tuan.
- Non, répond mon mari, mon instrument est le saxophone.
- Je suis vraiment navré, mais je suis professeur de clarinette. 
- Mais la clarinette est très proche du saxophone: c'est un "bois". Je suis sur que vous m'apporterez une aide précieuse dans la pratique de mon instrument.
- Vous avez des morceaux pour le saxophone classique? fait Tuan sans enthousiasme.
- Non, je suis saxophoniste de jazz.
- Dans ce cas je ne peux vraiment rien pour vous, car je suis professeur de clarinette classique.
- Mais ce n'est pas grave du tout; au contraire, une gamme est toujours une gamme.
A contre-coeur, Tuan donne un cours d'une demie-heure, puis regarde sa montre.
- Je vais être obligé de partir, car je joue dans un orchestre.
- Ah! vous jouez dans un orchestre de chambre ou un orchestre symphonique?
- Ni l'un ni l'autre, je joue dans un orchestre de jazz.
- De la clarinette?
- Non, du saxophone.

dimanche 29 janvier 2017

Magie, Magie

Papa, je m'ennuie...
Voici la sentence terrible assénée par Maë lorsque ses frère et sœurs scotchés par Mario ne lui laissent plus exercer son droit d'aînesse.
Après une partie de Blocus où son papa doit une nouvelle fois s'avouer vaincu, cela lui apprendra à faire des cadeaux dans un jeu où le principe est de ne pas en faire, nous avons regardé le premier épisode de "The Magicians" dont je savais que le thème lui plairait... Du coup, j'ai eu le droit aux questions impossibles de Nine: "papa, l'homme qui est mort, en fait il est pas mort, sinon pourquoi on l'emmène à l'hôpital?..."
Je me suis dis qu'il était temps de leur montrer que la magie n'était qu'une histoire de truc et me voilà sortant un jeu de cartes pour leur faire le tour le plus hypnotique que je connaisse: Loup déjà dans le salon, c'est à 3 petites ingénues que j'extraie du jeu le 9 de pique et le 7 de trèfle, Garance les range au hasard dans la pile de cartes, je glisse les cartes dans mon dos et je ressors illico les deux cartes sous leur regard médusé, les deux cartes s’avérant être en réalité le 9 de trèfle et le 7 de pique mais avant que Maë s'en rende compte, j'ai bien refait le tour 5 fois: quel triomphe!
Avec les effets spéciaux forcément agréable à regarder
Je décide donc de montrer le tour à Loup, je m'assoies devant lui sort les deux cartes, il les range dans le paquet que je laisse par terre, surement mon erreur, je donne deux petits coups dessus, sors les deux fausses cartes du dessous de la pile et je n'oublierai jamais le regard de Loup à ce moment-là, entre exultation, bonheur intense, joie immense et espérance folle. Il se rue alors sur le paquet, prend deux cartes au hasard, les regarde, les range dans le paquet, le pose par terre, tape deux fois dessus, retire les deux cartes du dessous qui n'ont rien à voir avec les deux autres et avec un regard un peu déçu me demande: "Papa, je n'ai pas tapé assez fort?" 

vendredi 13 janvier 2017

Mémé dans les Orties

Il y a toutes sortes de lectures, celles que l'on peut oublier, peu , celles que vous aimez, souvent, celles qui vous marquent, rares et celles qui vous changent, encore plus rares. Surtout, il n'est pas nécessaire que ce soient des chefs-d'oeuvre, il suffit que vous y trouviez votre compte: une bonne histoire, un style particulier, un thriller haletant, un destin dramatique, un humour corrosif ou intelligent, bref les grands moment de lecture ne manquent pas. Et puis, on tombe parfois sur des perles ou des hasards improbables... 

En cherchant hâtivement un bouquin pour un voyage en train, j'étais tombé sur "Profession du père" de Sorj Chalandon dont j'avais lu l'incroyable "Quatrième mur", l'histoire d'une famille dont le père vit dans un monde inventé de toute pièce. En cherchant des cadeaux pour mes neveu et nièce, j'ai acheté "Mémé dans les Orties" d'Aurélie Valognes, dont la couverture m'avait interpellé et sur laquelle un petit commentaire du libraire en vantait l'intérêt, l'histoire d'un père qui a laissé passer sa vie sans se poser de questions et doit désormais se battre pour ne pas être envoyé en maison de retraite. Les deux livres n'ont rien à voir et tout les rapproche: le premier est dramatique, le petit garçon vit un cauchemar répété chaque jour, enfermé dans une armoire, le second est drôlissime et pourtant la jeune fille vit un cauchemar dans sa famille jusqu'à fuir à l'autre bout du monde. La mère doit supporter un enfermement quotidien dans le premier et c'est oppressant, la mère doit supporter l'indifférence quotidiennement et c'est malheureusement navrant voire drôle dans le second... Les comparaisons sont légions, j'ai serré les dents dans le premier et hurlé de rire à la dernière page, j'ai ris à toutes les pages du second et eu les larmes à l’œil dans les toutes dernières pages. Deux très grands moments de lecture, deux livres qui vous encouragent à aller vers les autres, découvrir vos voisins, chérir vos proches, vos parents, vos enfants...

Poignant

Un père mythomane, parachutiste, joueur de foot professionnel, chanteur et découvreur des compagnons de la chanson, combattant de l'ombre, entraîne son fils dans son délire paranoïaque jusqu'à l'inciter à tuer le général De Gaulle, Un récit et un style incroyable, cauchemar à chaque page finissant en apothéose humouro-dramatique: une grosse, grosse claque! 


Boufféee d'oxygène

Un papy veuf et ronchon est détesté par sa concierge qui manigance pour le faire entrer dans une maison de retraite. Heureusement une petite fille effrontée et une arrière grand mère geek vont voler au secours de notre handicapé du cœur.  Un livre auto-édité et à chaque chapitre sa sentence populaire: une grosse, grosse bouffée d'oxygène!


mercredi 4 janvier 2017

Bonne année 2017

Je vous souhaite à toutes et tous une très bonne année 
2017
Qu'elle vous apporte tout le bonheur possible
Qu'elle nous permette de nous réunir à nouveau
Et de nous forger des souvenirs inoubliables !


“Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, 
sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots.”

Martin Luther King